• Rien ne disparait

    Posté le 5 novembre 2017

    Ecrit par Arcnaëlle

    Mots-clefs

    Rien ne peut disparaitre

    IL y a des valeurs sûres, il y a des personnes sûres, il y a des définitions sûres, il y a des repères comme des piliers qui balisent l’espace de nos vies. IL y a des figures photographiées, des moments intégrés, des besoins inventés , il y a des acquis comme des repères qui certifient la nature de notre personne. IL y a des visions apprises, il y a des idées empruntées, il y a les schémas tout prêts, comme des réalités qui façonnent notre durée.

    IL y a surtout tout qui disparaît. Une personne entre dans notre vie, notre espace, et nous entrons dans le sien. Et un jour, elle disparaît, partie, morte, éloignée, changée. Elle disparaît et on disparaît de son champ. Notre idée de l’autre reste et même se transforme juste assez pour qu’elle nous convienne dans son absence. Son image reste, sa présence est là toujours aussi forte. Qu’est-elle cette présence ? Une réalité restée dans nos vies ? Ou une réalité de soi ? Sommes-nous ce qui fait notre vie ?

    PAF tombe à plat et lourdement : on n’est sûr de rien. On n’est pas sûr d’être, on n’est pas sûr d’avoir un avenir, on n’est pas sûr d’aimer, on n’est pas sûr de savoir qui ou ce que nous sommes, on n’est pas sûr de ce que nous aimons, on n’est pas sûr que le temps existe, ni où nous sommes localisés. On hypothèse, on fait comme si et on s’y accroche. On n’est pas sûr de savoir se mettre à l’abri des imprévus, on n’est pas sûr de comment se protéger, on n’est pas sûr d’être en danger, ni en sécurité. On prend les directives du collectif sociétal et on fait comme si on y croyait. On n’est pas sûr de connaître ses voisins. On n’est pas sûr de nos choix même si on fait comme si. On n’est pas sûr d’être un bon ami même si on figure que si, on n’est pas sûr d’être la bonne personne à aimer même si on la défend.

    Rien ne disparaît ; rien n’est dans nos vies. Pas plus nos peurs que nos acquis empruntés. Pas plus notre idée de nous-même et que notre idée des autres. Pas plus les personnes qu’on n’aime que celles qu’on n’aime pas. Car nous n’avons pas de vie qui contient cela ; la vie n’est pas un panier rempli de cadeaux-surprise à placer dans le vide et le silence pour créer notre espace de navigation.

    On crée en urgence, dès l’enfance, une idée de soi, où notre entourage nous refléterait une personne qui tendrait à être aimante. Un décor d’intérieur et d’habitation, des convictions et des goûts, des préférences, des passions et des distractions et on dit que cela fait notre vie, et nous construit. Construit qui ? Pour quoi construire un personnage ? Pour exister enfin ? Parce qu’on est pas sûr d’exister par le simple fait d’être en vie ? Il faut une définition précise, pour être tangiblement réel ? Honnêtement, qui est sûr de son identité ? Qui peut affirmer je connais mon personnage ? IL est stable ? imperturbable ? bien construit, sur des fondations bonnes ou mauvaises mais des fondations certifiées ? On le construit ou on l’imagine en rapport avec notre environnement familial et sociétal, et les critères repérés pour coller avec.

    On invente que la vie est à vivre. La vie n’est pas un amas d’objets dans l’espace infini, vide et silencieux. Nos vies sont un amas d’objet pour fuir notre peur d’être à vivre, d’être un univers inconnu, à vivre. Nous avons pris toutes les erreurs qui a fait l’humanité. Et on passe d’une journée à l’autre. On trouve que le temps passe vite, et on a peur du temps qui passe. On presse le temps de passer à autre chose, à l’autre chose juste après, pour créer la durée, par peur d’être Conscience de la vie.

    Quand on part en voyage avec quelqu’un, il y a au retour ce témoin de votre aventure qui maintient dans le temps, illusoirement, l’existence de ce voyage. Quand on part seul, au retour, le voyage disparaît. IL n’a maintenant, jamais existé, il n’est déjà plus rien ; Pareil pour une personne que vous auriez été seul à connaître. Qui validerait que cette personne a vraiment existé si vous seul l’avez côtoyée ? Elle n’existait que pour et par vous.  Quand on n’existe pour personne, on n’existe dans aucun imaginaire. Ne nous faisons-nous pas exister les uns les autres par notre conscience de l’autre et uniquement dans notre conscience ?

    Quand une sœur, un enfant, un mari, un parent s’en va, il reste présent, par notre pensée et nos ressentis. Ne l’a-t-il pas toujours été ainsi ? Quand les saisons passent, les arbres s’endorment, les feuilles tombent et fondent. Que reste-t-il ? Quand le printemps relance les pousses, les naissances, on y voit une renaissance, un retour. Les arbres de nouveau verdissent, les fleurs renaissent, les oiseaux reviennent. Mais non, ils ne reviennent pas, ce ne sont pas les mêmes feuilles, les mêmes coquelicots, les mêmes oiseaux, ce sont d’autres qui disparaitront aussi. Tout dans la nature nous parle de l’absence et de la présence dans notre Conscience, nous dit que l’illusion de la vie est la Conscience.

    Elisa Arcnaelle

    Cet article a été posté le Dimanche 5 novembre 2017 à 13:29 et est rangé sous Rien ne disparait. Vous pouvez suivre toutes les réponses à cet article à travers le RSS 2.0 Flux. Vous pouvez sauter la fin et laisser une réponse. Les Pings ne sont pas autorisés.
  • 0 commentaires

    Jetez un oeil à quelques-unes des réponses que nous avons eu à cet article.

  • Laisser un commentaire

    Faites-nous savoir ce que vous pensez .

  • Nom:

    Adresse de contact:

    Message:

Joindre l'utile à l'agréable | Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Shen Qi Dao